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COP 22
COP 22 COP des actions ? 29 novembre 2016
La COP 22, qui s’est tenue du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech, devait être la « COP des solutions » et la « COP de l’Afrique ». Qu’en est-il vraiment ?

Après la COP des négociations à Lima (COP 20) et celle des décisions à Paris (COP 21), le thème principal de cette « COP des actions » était l’atténuation aux effets du changement climatique et l’innovation en matière d’adaptation. Cette conférence des Parties faisait suite à la COP 21 où a été adopté l’Accord de Paris, engageant tous les États Parties, et non plus que les pays développés comme pour le protocole de Kyoto. Suite à la ratification suffisante de plus de 100 pays, représentant 79% des émissions mondiales, l’entrée en vigueur de cet Accord a eu lieu le 4 novembre dernier.

Ségolène Royal, ministre de l’environnement et présidente de la COP21, a rappelé les enjeux prioritaires à la veille de la COP22 :

  • Appliquer les engagements nationaux de chaque pays, comme la France l’a fait avec la Loi sur la Transition Énergétique en 2015
  • Renforcer le lien entre le changement climatique et le développement durable
  • Accélérer les coalitions d’actions climatiques convenues à Paris entre les gouvernements, villes, entreprises et investisseurs
  • Inciter les investissements publics et privés à financer le développement des énergies renouvelables (bon moyen de créer de l’emploi)

Quelles décisions ont été prises ?

Tous les pays se sont mis d’accord lors de cette COP 22 sur une proclamation de soutien à l’accord de Paris. Ce texte a été présenté pour engager les chefs d’États à redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Le texte appelle également à une mobilisation forte pour soutenir les pays les plus vulnérables et affectés, et confirme l’objectif de rassembler 100 milliards de dollars par an, promesse légèrement oubliée depuis les accords de Copenhague. Ce montant devrait être révisé en 2025 et les pays développés devront communiquer des informations qualitatives et quantitatives sur leurs financements « climat » tous les deux ans. Le texte mentionne par ailleurs que les pays en développement qui en ont la capacité (notamment les pays émergents, mais aussi les pays pétroliers) sont encouragés à contribuer au financement.

Autre obligation pour les pays développés : revoir leurs ambitions à la hausse dès 2018, se fixant pour objectif non plus une réduction de 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre, mais de 50%. Le calendrier a été avancé pour faire face à l’urgence climatique. Cette révision était initialement prévues pour 2020. Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’accord demande à ce que soit atteint « l'équilibre entre les émissions anthropiques et les capacités d'absorption naturelles de la planète, donnant ainsi un rôle aux puits de carbone que sont les forêts ».

« On avance, mais on avance lentement » déplore Lucile Dufour, membre du Réseau Action Climat, « on se met d’accord pour régler tous les détails et les règles de l’accord de Paris d’ici à 2018 ».

Une conférence des parties tournée vers l'Afrique ?

La COP 22 était aussi présentée comme étant celle de l’Afrique. Ce continent est en effet le plus affecté par les changements climatiques sans en être responsable, il est même le moins émetteur en gaz à effet de serre. Le roi du Maroc Mohammed VI a appelé à une « justice climatique », en rappelant que l’Afrique qui n’émet que 4% des gaz à effets de serre paie pourtant le « lourd tribut » du réchauffement et demeure le continent le plus pénalisé.

L’Afrique compte aujourd’hui 10 millions de réfugiés climatiques, et ce chiffre pourrait augmenter jusqu’à 60 millions d’ici 2020. En cause, la rareté de l’eau et les 4 millions d’hectares de forêts qui disparaissent chaque année (deux fois plus que la moyenne mondiale).

Aurélie Ceinos, responsable des changements climatiques au sein de l’ONG CARE trouve le bilan de la COP 22 à Marrakech trop maigre pour l’Afrique où elle s’attendait à plus de mesures en faveur de l’agriculture notamment. Ces discussions ont été reportées à juin prochain « sans aucune indication ». Elles dénoncent notamment les États africains qui ne veulent rien statuer pour ne pas aller à l’encontre des lobbies, défendant engrais et OGM.

Côté financement, l’Afrique espérait également recevoir plus d’argent pour investir dans des projets d’adaptations au changement climatique comme des constructions de digues ou des surélévations d’habitats.

Finalement, les seules avancées notoires de cette COP22 à Marrakech sont la mise en place d’une feuille de route pour les années à venir et la promesse d’accélérer le rythme. « Maintenant, on attend des pays qu’ils soient plus ambitieux et beaucoup plus concrets dans leurs annonces et puis aussi au niveau national qu’ils aillent plus loin », ajoute Lucie Dufour.

Philippine GUEGUEN - Consultante Climat / Énergie

Sources : Une COP de l’Afrique ?, RFI Radio - Accord de Paris, Novethic - Mohamed VI « L’Afrique paie le lourd tribut du réchauffement », Huffington Post - Question au gouvernement : Après la COP21, cap sur la COP 22, Frank Montaugé - Climat : ce qu’il faut retenir de la COP22 à Marrakech au Marco, RFI Radio - Ségolène Royal nouvelle présidente de la COP définit les priorités, COP21.gouv - Où en est l’accord de Paris, Le Monde.

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