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Agence Française pour la Biodiversité
Agence Française pour la Biodiversité Préservation de la faune et de la flore 25 janvier 2017
En octobre 2012, lors du discours d’ouverture de la conférence environnemental, François Hollande évoquait la création d’une Agence Française pour la Biodiversité (AFB). Celle-ci a finalement ouvert ses portes le 1er janvier 2017, grâce à la signature en août dernier de la Loi pour la Reconquête de la Biodiversité, de la Nature et des Paysages.

Un départ sur les chapeaux de roues

Lancé en octobre 2014, le projet a vu le jour après deux ans de travail. Ce nouvel établissement public du ministère de l’Environnement n'a pas attendu pour débuter ses travaux. L'AFB a ainsi repris, dès le mois de janvier, la gestion de 8 parcs naturels marins (anciennement gérés par l’agence des aires marines protégées), mais aussi du sanctuaire de mammifères marins d’Agoa, aux Antilles. L'ensemble des parcs nationaux sont dorénavant centralisés et rattachés à l'AFB pour tout ce qui concerne les fonctions supports (fonctions administratives, etc.), afin de créer plus simplement des ponts et des synergies entre ces différents territoires. Également, l'Agence Française pour la Biodiversité travaille déjà sur le renforcement des continuités écologiques et sur la lutte contre les espèces envahissantes (à l'instar de l'étoile de mer épineuse dans le parc naturel de Mayotte).

De nombreuses initiatives ont aussi été mises en place comme le plan national d'actions « France, Terre de pollinisateurs » ou encore le label « Terre Saine, commune sans pesticides ». De même, la lutte contre le braconnage a déjà commencé avec un arrêté, publié en août dernier, interdisant le commerce de l'ivoire d'éléphants et de la corne de rhinocéros, et une plateforme de ressources autour des métiers liés à la biodiversité a été créée (plus de 60 métiers décrits représentant environ 75 000 emplois).

Une gouvernance multiple

L'Agence Française de la Biodiversité se compose d’un conseil d’administration (43 membres dont des représentants D’État, d’établissements publics, de collectivités territoriales, d’association, scientifiques et de représentants du personnel), d’un comité d’orientation (qui axera le débat autour de quatre thèmes : la mer, l’eau douce, l’Outre-mer et les espaces naturels) ainsi qu’un conseil scientifique constitué de 22 membres et présidé par Gilles Bœuf, président du Muséum National d’Histoire Naturelle, et Luc Abadié, ancien président du conseil scientifique de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques. L’astrophysicien Hubert Reeves en est le président d'honneur.

De nombreux travaux à venir

Parmi les futurs chantiers de l'AFB, on peut citer la création de deux nouveaux parcs naturels marins, en Martinique et dans le golfe normand-breton ainsi que la désignation de nouveaux sites Natura 2000 (zones de biodiversité à conserver reconnues  à échelle européenne). L’Agence devrait aussi accompagner des plans de formations aux métiers de la biodiversité.

Dans le cadre de la Loi de reconquête de la Biodiversité, de la Nature et des Paysages, l’Agence Française pour la Biodiversité œuvre dans la mise en place d'actions et apporte une aide technique et financière, comme pour le programme Ecophyto. L’AFB œuvre également pour la création, la gestion et l'évaluation des aires marines protégées ainsi que l’animation et le suivi de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité. Enfin elle apportera son soutien à L’État à l'échelle européenne et internationale pour le développement et la mise en œuvre de conventions et d'initiatives.

Enfin, un pôle de recherche et d’expertise, directement lié à l’AFB, permettra de soutenir des travaux scientifiques et de valoriser les résultats. 

Des ressources suffisantes ? 

L'ensemble des projets de l'Agence Française pour la Biodiversité sont larges et variés, mais les ressources sont très limitées. L'AFB regroupe aujourd'hui l'ONEMA (Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques), l'agence des aires marines protégées et l'Aten (organisme spécialisé de formation) soit 1 080 emplois à temps plein. « Au moment où le Parlement décide de la création de l’agence, le budget national 2016 supprime 76 emplois dans les organismes qui vont la composer » a annoncé Jean-Luc Ciulkiewicz, secrétaire général du Syndicat National de l’Environnement.

En février dernier, alors que le territoire national comptait près de 67 839 infractions au droit de l’environnement et de la santé publique, l'ONEMA subissait le plus sévèrement ces restrictions budgétaires avec 76 suppressions de poste sur 800 employés. Le canard enchaîné a aussi relevé, le 21 décembre dernier, les 90 millions d’euros supprimés sur les 220 millions de budget prévu au départ.

Les ambitions sont belles et réelles, mais il faut s'assurer de pouvoir s'en donner les moyens.

Laëtitia Leger - Consultante Biodiversité

Sources : Agence Française pour la Biodiversité ; Ministère de l'Environnement, de l’Énergie et de la Mer ; Sciences et Avenir ; Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales ; Syndicat National de l'Environnement.

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