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Norme WLTP

Norme WLTP

Quel impact sur les flottes automobiles ?
Le nouveau protocole de mesure des émissions de CO2 des voitures, dit “WLTP” (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedures), sera mis en place dès la fin 2019. Plus proche de la réalité en matière de consommation et de rejets, et donc plus pénalisant pour le calcul des émissions de CO2, il oblige les entreprises à repenser la gestion de leur flotte.

En utilisant des tests plus conformes aux conditions réelles de conduite, la norme WLTP mesure, en effet, de plus forts taux de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, ainsi qu’une consommation de carburant plus importante.

Pour les émissions de CO2, les valeurs pourraient augmenter de 9,6 % par rapport à l’ancienne procédure, le NEDC (nouveau cycle européen de conduite). Avec une telle hausse, la taxe sur les véhicules de société (TVS) et malus pourrait s’envoler, alourdissant les charges des flottes pour les entreprises.

Afin de mieux prévoir ce qui peut attendre les entreprises, il est intéressant de se pencher sur le cas de la Finlande, qui expérimente cette nouvelle norme depuis 2018. Sur un total de 2 800 véhicules en cours de commercialisation, 96 % affichent alors un taux de COsupérieur à 117 g/km, seuil du malus en France pour 2019. En se basant sur ces nouvelles émissions, une Citroën C3 1.2 essence va voir son malus passer de 0 € à 540 € et sa TVS augmenter de 508 € à 864 €. Un SUV Peugeot 3008 en version BlueHDi 130 va, lui, voir son malus bondir de 0 € à 1 740 € et sa TVS suivre la même ascension passant de 486 € à 1 885 €. La règle d’acceptation des véhicules dans une flotte dépendant des niveaux de CO2des modèles, la norme WLTP va engendrer un appauvrissement dans le choix des voitures.

La norme WLTP n’est que le début des normes contraignantes pour les flottes. En effet, Il y a ensuite, localement, des interdictions actuelles et futures des moteurs diesel (et souvent de tous les moteurs à carburant fossile) dans des zones précises comme les centres-villes des métropoles, mais aussi parfois dans des zones plus larges, voire dans des pays entiers. Cela est le cas, par exemple, de la Zone à Faible Émission du Grand Paris mise en place en juillet dernier.

Ces nouvelles difficultés peuvent, cependant, se transformer en opportunité. En effet, cela pose la question d’optimiser la gestion de sa flotte automobile, de redéfinir sa car policy mais aussi d’intégrer une motorisation plus propre au sein de la flotte. Selon une étude de l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA), le secteur du transport est responsable de 14 % des émissions mondiales de carbone. En France, le transport est la première source de rejet de CO2, avec 29 % des émissions. La clientèle professionnelle représentant plus de 50% des ventes de véhicules neufs, la responsabilité des entreprises est importante pour limiter les émissions de carbone.

Les entreprises sont déjà en train d’amorcer le changement. En effet, les flottes d’entreprises amorcent la bascule du diesel et de l’essence vers l’électrique, dont la part de marché vient de passer le cap symbolique des 2 % (+ 45 % par rapport à 2017). Cependant, une interrogation demeure sur la pertinence de l’empreinte écologique d’un véhicule électrique quand l’ensemble de son cycle de vie est pris en compte. C’est pour cela que réaliser une étude de sa flotte automobile est particulièrement pertinente pour bien comprendre les besoins globaux et individuels afin d’optimiser les coûts en proposant une motorisation adaptée à chaque usage.

Irène Borouchaki - Consultante Développement Durable

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