blog
Mix Énergétique

Mix énergétique de la France

Les objectifs versus la réalité 27 novembre 2018
Greenpeace a publié fin septembre un classement des fournisseurs d’électricité en France selon leur soutien au développement des énergies renouvelables. Les géants du secteur, tels que EDF, occupent le bas du classement. L’ONG a également dévoilé les fournisseurs « vraiment verts » et « en bonne voie » qui deviendront les acteurs principaux de la transition énergétique en France…

Spécificités du Mix Énergétique Français

Le mix, ou bouquet, énergétique représente la répartition et la pondération des différentes sources d’énergies primaires qui sont nécessaires pour répondre aux besoins d’un pays.

En 2017, le mix énergétique primaire de la France est composé de 40,2 % de nucléaire, de 29 % de pétrole, de 15,8 % de gaz, de 3,8 % de charbon et de 10,6 % d’énergies renouvelables, selon le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. Parmi les énergies renouvelables, la biomasse solide constitue la première source consommée en France (4,4 % du mix énergétique totale), suivie par l’hydraulique (1,7 %) et les biocarburants (1,3 %). L’éolien ne représente que 0,8 % du mix énergétique primaire totale.

Le mix énergétique ne doit pas être confondu avec le mix électrique, qui concerne uniquement les énergies qui servent à produire de l’électricité. Cette distinction fait ressortir deux spécificités françaises importantes :

  • Spécificité n°1 : beaucoup de logements français utilisent l'électricité pour se chauffer, alors que la plupart des pays européens favorisent le chauffage au gaz naturel.
  • Spécificité n°2 : la production d’électricité en France est dominée par les centrales nucléaires tandis que dans beaucoup d’autres pays européens la production électrique est dominée par les centrales thermiques à combustible fossile (charbon, fioul et gaz). Ce qui explique qu’en France l’énergie nucléaire compte pour 40 % du mix énergétique mais 75 % du mix électrique.

Effectivement, la France est le pays le plus nucléarisé au monde, avec 58 réacteurs sur son territoire. Depuis la mise en place du « Plan Messmer » par le gouvernement français en 1974, qui visait à généraliser le recours à l’énergie nucléaire, la part du nucléaire dans la production française d’énergie primaire a augmenté de 9 % à 79 % en 2017. Cette dépendance au nucléaire présente des défis spécifiques pour la France, différents de ses voisins qui dépendent davantage du trio des énergies fossiles. Ceci dit, ces pays partagent tous un objectif : augmenter la part des énergies renouvelables.

Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte

En août 2015, le gouvernement français signe la loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) avec le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de dénucléariser et de décarboner la France ainsi que d’augmenter la part des énergies renouvelables. Il compte également lutter contre la précarité énergétique, accroître l’efficacité énergétique, notamment dans les bâtiments, et encourager la sobriété énergétique en incitant un changement de comportements des ménages et des entreprises.

Concrètement, le gouvernement s’est fixé les objectifs suivants :

  • Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre du pays entre 1990 et 2050 (avec un objectif intermédiaire de réduction de 40 % entre 1990 et 2030)
  • Diminuer de 50 % la consommation totale d'énergie du pays d'ici 2050 par rapport à 2012 (avec un objectif intermédiaire de 20 % en 2030)
  • Réduire la part de l’électricité tirée du nucléaire de 75 à 50 % d’ici 2025
  • Diminuer de 30 % le recours aux énergies fossiles d’ici 2030 par rapport à la référence 2012
  • Augmenter la part des énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale brute d’énergie à horizon 2030 (avec un objectif intermédiaire de 23% en 2020)

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un document exposant les choix de la France en termes de mix énergétique pour les dix prochaines années, souligne le rôle primordial des énergies renouvelables pour atteindre l’ensemble de ces objectifs. Après seulement trois ans depuis l’adoption de la loi, un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) constate que la France souffre déjà des retards conséquents dans tous les domaines, rendant l’atteinte des objectifs improbable si on reste sur la même trajectoire. En effet, la France demeure un des pays européens les plus en retard dans le développement des énergies renouvelables et ses émissions de gaz à effet de serre ont de nouveau augmenté en 2015 et 2016.  

La montée en puissance des énergies renouvelables apparaît ainsi comme une des grandes lignes de la dernière PPE, annoncée ce mardi 27 novembre par le président Macron. La programmation inclut l’objectif de tripler l’éolien terrestre et multiplier par cinq la production d’énergie photovoltaïque d’ici 2030. La stratégie indique également l’accélération de la recherche sur les énergies renouvelables et l’augmentation de la géothermie et de la méthanisation. Quant au nucléaire, le président a précisé le calendrier de fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035 : les deux réacteurs de Fessenheim seront fermés en 2020 et les 12 restants seront fermés entre 2025-2035, dont 4 à 6 avant 2030. Ce calendrier signifie notamment le recul à 2035 de l’objectif de réduction du nucléaire à 50% du mix électrique.

Scénario négaWatt 2017- 2050

Malgré le démarrage lent et insuffisant des initiatives encourageant les énergies renouvelables, l’association négaWatt affirme qu’un avenir 100% renouvelable est possible. Cette association, dirigée par un collège de 23 experts et praticiens de l’énergie, diffuse un scénario à l’horizon 2050 détaillant une transition énergétique qui s’appuie sur trois leviers : sobriétéefficacité énergétique et énergies renouvelables. Le scénario envisage la sortie du nucléaire en 2035 et compte principalement sur la biomasse solide et l’éolien comme sources majeures d’énergie, suivis par le photovoltaïque et le biogaz.

L’association révèle que le scénario renouvelable proposé n’est ni ridicule ni trop ambitieux. À titre d’exemple, le scénario anticipe un nombre d’éoliennes d’ici 2050 toujours inférieur à celui de l’Allemagne aujourd’hui et n’exige pas de compromis sur le confort ni les déplacements. L’association estime en revanche que leur scénario serait à même de créer jusqu’à 500 000 emplois supplémentaires comparés aux emplois créés en cas d’une prolongation de l’usage des énergies actuelles.

Objectif de Développement Durable n° 7 : Garantir l’accès aux énergies renouvelables 

Le développement des énergies renouvelables s’étend à l’échelle internationale et se retrouve parmi les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies. L’objectif de garantir l’accès aux énergies renouvelables, à atteindre d’ici 2030, est décliné en 5 cibles :

1. Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, modernes, et abordables.

2. Accroître nettement la part de l’énergie renouvelable dans le mix énergétique mondial.

3. Doubler le taux mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique.

4. Renforcer la coopération internationale et promouvoir l’investissement dans la recherche pour les technologies relatives à l’énergie propre et renouvelable et l’efficacité énergétique.

5. Développer et améliorer l’infrastructure et la technologie afin d’approvisionner des services énergétiques modernes et durables dans les pays en développement, moins avancés, insulaires ou sans littoral.

En effet, plusieurs pays occidentaux ont annoncé qu’ils allaient investir dans le développement des énergies renouvelables en Afrique. De son côté, la France s’est engagée à consacrer 3 milliards d’euros entre 2016 et 2020 à cette fin.

Que peuvent faire les entreprises ?

Les entreprises doivent sans aucun doute s’impliquer dans la transition énergétique. Que ce soit par des petits gestes quotidiens au sein de l’entreprise pour réduire la consommation d’énergie (des bonnes pratiques telles qu’éteindre les lumières ou favoriser les modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle) ou par la mise en conformité aux réglementations énergétiques, il y a de quoi faire.

Même si les énergies non-renouvelables continuent à dominer le mix énergétique français, une nouvelle encourageante ressort du classement Greenpeace publié en septembre 2018 : des options dites « vraiment vertes » existent. Certains fournisseurs favorisent en effet une énergie d’origine renouvelable à 95%, sans nucléaire ni énergie fossile, tels que Energie d’ici, Enercoop et Ilek. Selon Greenpeace, il est de nos jours facile de quitter un fournisseur d’énergie pollueur pour un fournisseur vert. Le recours au service WattValue facilite ce processus pour les entreprises, en les accompagnant pour trouver le bon contrat d’énergie renouvelable à un tarif juste et transparent.

ekodev accompagne les entreprises dans la réalisation de leur Bilan Carbone® afin de piloter et réduire leur émissions de Gaz à Effet de Serre, diminuer leur empreinte écologique et participer à la transition énergétique.

Sources : Chiffres clés de l’énergie et Chiffres clés des énergies renouvelables, Éditions 2018, Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire – France Nature Environnement – Avis sur la mise en œuvre de la loi LTECV, février 2018, Conseil économique, social et environnemental – Actu-Environnement – Association négaWatt

Sarah Gold- Chargée de communication

plus d'articles
Loi d’Orientation des Mobilités (LOM)
On en parle
Loi d’Orientation des Mobilités (LOM)
Agriculture Urbaine
On en parle
L'agriculture urbaine gagne du terrain
Mix Énergétique
On en parle
Mix énergétique de la France