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Élections municipales & environnement

Élections municipales & environnement

Leviers d'action & enjeux 19 décembre 2019
Les collectivités territoriales contribuent de façon directe à environ 12% des émissions nationales de GES et de façon indirecte, à plus de 50% si l’on prend en compte les politiques locales d’aménagement du territoire, d’urbanisme, d’habitat, de transport, etc. De plus, elles sont en capacité de toucher et de mobiliser un grand nombre d’acteurs locaux, dont les citoyens, ce qui est très important puisque la sphère privée représente à elle seule la moitié des émissions de GES. 

Concernant la qualité de l’air, les collectivités disposent de par leurs compétences de leviers d’actions pour la préserver ou l’améliorer, mais également de moyens de réduire leurs propres émissions via leur mode d’organisation. En effet, que ce soit à travers leurs compétences directes (bâtiments, équipements publics, déchets, transports collectifs, distribution d’eau et d’énergie, etc.) ou à travers leur responsabilité légale d’organisation et de planification des territoires (Plan Climat Air Energie Territoriaux obligatoires pour tous les EPCI supérieurs à 20 000 habitants à partir du 1er janvier 2019, Schémas de Cohérence Territoriale – SCoT, Plans de Déplacement Urbain – PDU, Plans Locaux d’Urbanisme – PLU, etc.).

Parmi les outils stratégiques dont disposent les collectivités, le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) est devenu la référence en matière de réduction des émissions de GES et d’adaptation au changement climatique.

De fait, ce sont les mairies, les régions et les départements qui sont identifiés comme les acteurs privilégiés de l’aménagement du territoire, et donc de la politique écologique. En effet, que ce soit dans l’aménagement de la voirie (pistes cyclables, régulation des vitesses, interdiction de véhicules polluants), la révision de document d’urbanisme (SCOT, PLU, PLH), l’aménagement du territoire (végétalisation de l’espace public, protection de l’environnement), et le développement des énergies renouvelables, villes, intercommunalités, et départements sont en première ligne. On estime à 70% leur impact potentiel sur les émissions de Gaz à Effet de Serre. 

En France, les trois principaux postes d’émissions de GES sont le transport, le résidentielle, et l’industrie (https://www.insee.fr/fr/statistiques/2015759). Difficile donc de passer à côté du rôle des villes, et donc des questions écologiques pour les prochaines élections.

De plus, le contexte politique des collectivités territoriales est moins verrouillé par ces problématiques et donc plus ouvert à des débats comme l’écologie. Ce sont ces collectivités qui peuvent agir au quotidien et en concertation avec les citoyens pour mettre en place des systèmes de transport plus écologique, pousser un urbanisme plus durable, ou pour mieux protéger les espaces naturels locaux.

Certains pensent alors que les territoires doivent être la clef de la politique écologique. Reste à savoir comment cette transition vers une écologie des territoires, incarnée par les villes, pourra se faire en cohérence avec la politique écologique globale. La déclinaison de bilan de GES, permettant la rédaction d’un Plan Climat Air et Énergie, se recoupant avec les objectifs régionaux puis nationaux est une première réponse.

Quels sont les enjeux des prochaines municipales ?

Une série de sondages récents montre l’intérêt croissant des Français pour l’écologie. Déjà en mai dernier aux élections européennes, la liste Europe Écologie-Les Verts arrivait 3ème, devançant les grands partis historiques de la gauche et de la droite. Depuis, les sondages tendent à confirmer cet intérêt des Français pour l’écologie.

  • En septembre, un sondage Ispos-Sopra Steria indiquait que la préoccupation numéro 1 des Français était la protection de l’environnement, devant le pouvoir d’achat. Une tendance confirmée par un autre sondage Yougov Business Insider : l’écologie serait la première inquiétude des Français, devant le chômage.

De plus, via la place médiatique prise par Greta Thunberg, ou encore les actions d’Extinction Rebellion, les questions écologiques sont au cœur de l’actualité. Le réchauffement climatique, bien souvent oublié des médias, fait désormais l’objet d’analyses quasi-quotidiennes, notamment lors de la survenue d’évènements météo extrêmes.

Focus sur les grandes villes de France :

  • À Bordeaux par exemple, ville dont la mairie est à droite depuis toujours , le candidat écolo Pierre Hurmic récolte 24% d’intentions de vote en solo, 30% en cas d’alliance avec le PS selon un sondage La Tribune Elabe. C’est deux fois plus que le candidat de la majorité présidentielle.
  • À Rennes, Nantes, Nancy, Montpellier, Besançon, Grenoble, Toulouse, les candidats écolo affichent des scores entre 20 et 25% au premier tour.
  • À Paris, l’écologie est bien sûr au cœur des débats. La maire sortante a bâti son mandat sur une forte priorité donnée à l’écologie et notamment à la transition vers une mobilité sans voiture. Les écologistes qui sont arrivés en tête dans plusieurs arrondissements du Nord-Est pourraient faire à nouveaux de bons scores. Cédric Villani, candidat dissident de LREM a quant à lui affirmé vouloir être le premier maire écologiste de Paris.

On voit d’ailleurs la stratégie des candidats évoluer sur ce sujet : désormais presque tous les candidats affichent clairement les ambitions écologiques de leur programme. Incontestablement, la campagne va s’axer sur le thème de la protection de l’environnement, qui devient progressivement un enjeu crucial du débat politique local.

En attendant, les problématiques écologiques seront à coup sûr au cœur du débat pour les municipales en 2020.

Thibault Hardy - Consultant Climat / Énergie

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