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Économie Circulaire

Économie Circulaire

De nouveaux modes de production et de consommation 25 janvier 2016
L’économie linéaire consiste à extraire, produire, consommer et jeter. Dans un contexte de pénurie de matières premières, les économies produisent de plus en plus de déchets (868 millions de tonnes de déchets en France chaque année, dont 31 millions de tonnes de déchets ménagers). Ces déchets sont encore trop peu valorisés ; en 2010, seuls 37% des déchets ménagers et assimilés ont été recyclés.

L’économie circulaire est pensée en opposition à cette forme classique. Elle vise à préserver et développer le capital naturel à chaque étape du cycle de vie d’un produit ou d’un service, de la conception et l’approvisionnement à la fin de vie, en passant par la phase d’usage.

L’économie circulaire n’intervient pas que sur la dernière étape du cycle de vie mais appelle de nouveaux modes de production et de consommation.

L’économie circulaire est basée sur 3 principes d’action clés :

L’écoconception

La démarche la plus avancée de l’écoconception consiste à dématérialiser autant que possible pour passer d'un produit à un service. Lorsque l’usage remplace ainsi la propriété, on parle d’économie de la fonctionnalité. Dès les années 2000, Jeremy Rifkin, économiste et essayiste américain, prédisait dans son livre L’âge de l’accès que « l’ère de l'usage aura définitivement remplacé l’ère de la propriété dès 2015 ». Par exemple, plutôt que d’acheter une imprimante coûteuse ou peu performante, il est possible d’en louer une auprès d’une société qui, en plus de fournir la machine, en assurera la maintenance. L’économie de la fonctionnalité génère donc de nouvelles opportunités commerciales ainsi que de nouveaux emplois, notamment dans les secteurs du conseil et de la maintenance. L’une des conséquences majeures de ce changement d’optique est que les industriels ont tout intérêt à fabriquer des produits qui durent, puisque leur business model est tourné vers la location et la maintenance.        

Lorsque la dématérialisation n’est pas possible, l’écoconception réside dans le choix des matières premières et des sources d’énergies renouvelables. Pour aller plus loin que la simple préservation du capital naturel, l’approche la plus visionnaire consisterait même à créer les conditions pour la régénération des ressources. C’est ce qu’on appelle l’économie régénérative.

Dans ce domaine, quelle meilleure source d’inspiration que la nature elle-même ? Le biomimétisme consiste à s’inspirer des mécanismes naturels. Par exemple, la photosynthèse inspire les scientifiques pour créer des pigments artificiels qui captent l’énergie solaire et la transforment en électricité.

L’optimisation de l’exploitation des ressources

Afin de limiter au maximum le gaspillage, la fin de vie des produits doit être anticipée dès la conception pour améliorer les possibilités de réemploi, de reconditionnement et de recyclage. Mieux encore que le recyclage, l’upcycling est l’art de transformer des déchets en produits à valeur ajoutée (objets du quotidien, de décoration, accessoires de mode et mêmes œuvres d’art). L’écologie industrielle aussi rapproche la question de la fin de vie de celle de la ressource utilisée : elle favorise des fonctionnements en boucle fermée dans lesquels les déchets des uns constituent les intrants des autres, éliminant ainsi la notion de sous-produit. On parle également de cradle to cradle « du berceau au berceau ». La boîte à champignons proposée par la société Upcycle est un très bon exemple de ce principe : elle consiste à faire pousser des pleurotes dans un terreau constitué de marc de café récupéré grâce à des partenariats avec des gestionnaires de machines automatiques.

Favoriser le partage pour augmenter l’intensité d’utilisation d’un produit est également une manière de limiter le gaspillage de ressources et d’énergie. Par exemple, a-t-on réellement besoin de posséder une perceuse électrique lorsqu’on sait que sa durée moyenne d’utilisation est de 12 minutes dans la totalité de son cycle de vie ? En outre, l’économie du partage ou économie collaborative est un facteur de réduction des coûts. À l’échelle d’une entreprise, il peut s’agir de mettre en commun des ressources coûteuses (matériel, salles de réunion ou de conférence, espaces de stockage…) mais aussi des compétences. Les systèmes de bourses des compétences permettent par exemple aux entreprises d’échanger des prestations contre d’autres.

La création de conditions propices au développement d'un système vertueux

Que l’on parle d’un produit ou d’un service, la démarche d’économie circulaire invite les entreprises à réfléchir aux impacts de leurs activités. Elles doivent non seulement chercher à limiter leurs externalités négatives (utilisation de ressources, production de déchets, pollution...), mais aussi à favoriser leurs externalités positives. C’est l’ambition du label BCorp, qui valorise les entreprises recherchant des bénéfices à la fois commerciaux, environnementaux et sociétaux.

Pour plus d'informations :

- L'économie circulaire : du consommateur à l'utilisateur, vidéo YouTube de 3 minutes, réalisée par la Fondation Ellen MacArthur. 

- Activer l'économie circulaire : Comment réconcilier l'économie et le nature ?, livre écrit par les fondateurs de Wiithaa, Brieuc Saffré et Nicolas Buttin, aux éditions Eyrolles.

- L'économie circulaire au service de la préservation des ressources et du climat, guide de 52 pages, réalisé par l'Association Orée et téléchargeable en ligne

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