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COP 21 : le bilan

COP 21 : le bilan

Un accord historique sur le climat 18 décembre 2015

Un travail colossal

Sans compter les mois de préparation, il aura fallu treize jours (et quelques nuits) de négociations acharnées et une prolongation de vingt-quatre heures sous haute tension pour obtenir un accord adopté par 195 pays. Après le fiasco des négociations de Copenhague en 2009, où aucun accord sur le climat n’avait été trouvé, l’accord du 12 décembre est une réussite historique.

L’accord en quelques points

  • Températures (objectif 2100) : l’accord vise à contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C » par rapport à l'ère pré-industrielle. Au-delà des 1,5°C, certains des pays les plus vulnérables pourraient purement et simplement disparaître.
  • Reconnaissance des pertes et dommages déjà subis par ces pays vulnérables
  • Financement : les pays riches doivent fournir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, leurs apports doivent contribuer à aider les pays en développement. Les autres pays sont invités à fournir un soutien « à titre volontaire ». 187 pays ont déjà soumis une première contribution qu'ils devront confirmer ou mettre à jour en 2020.
  • Équilibre et principe de « différenciation » : selon Laurence Tubiana, représentante du gouvernement français pour la COP 21, l’objectif était de « répondre aux attentes de tous, sans pour autant aller vers le plus petit dénominateur commun ». Les pays développés doivent ainsi s’impliquer davantage, au nom de leur responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre.
  • Révision de l’engagement : les pays s’engagent à se retrouver tous les cinq ans pour relever le niveau d’ambition. Cette révision est nécessaire pour contenir le réchauffement en-dessous de 2 °C car, compte tenu des contributions actuellement annoncées, la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre mènerait à un réchauffement de 3°C d’ici la fin du siècle.
  • Prix du carbone : c’est le grand oublié de la COP 21. Seule une mention vague incite les États à mettre en place des dispositifs de tarification du carbone. La balle est donc dans le camp des États mais le rôle des entreprises est de faire pression pour une tarification du carbone.

Les implications de ces engagements

L’accord ne l’indique pas clairement, mais une telle révolution implique une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 70 à 90 % d'ici 2050, ce qui impose :

  • un abandon progressif des ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz),
  • un essor des énergies renouvelables,
  • des économies d'énergies,
  • une protection accrue des forêts.

 

c'est une ambition extraordinairement forte, il s'agit en quelques décennies de se débarrasser plus ou moins de l'économie carbone […], pour la remplacer par un autre type d'économie, utilisant d'autres formes d'énergies. […] Il y a derrière les mots de certains articles des perspectives de changements drastiques du monde dans lequel on vit.

Hervé Le Treut, climatologue.

Comment s’assurer de sa mise en application ?

Aucune contrainte légale ne s’exerce vraiment sur les pays, lesquels ne subiront pas de sanction s’ils ne respectent pas leurs engagements. Rappelons qu’il s’agit d’ailleurs d’un « accord » et non d’un « traité » ni d’un « protocole » mais il possède la force du droit international, basé sur la bonne volonté des pays.

La prochaine étape formelle est la signature officielle de cet accord, qui aura lieu à New York, le 22 avril 2016. Il entrera ensuite en vigueur en 2020, après ratification par au moins 55 % des pays signataires, représentant au moins 55 % des émissions. Un premier bilan sera réalisé en 2023 pour examiner les contributions nationales et éventuellement les revoir à la hausse en 2025, un peu tard, selon les ONG environnementales.

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