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Agroécologie & Permaculture

Agroécologie & Permaculture

Quelles différences ? 19 mai 2016
Agroécologie et permaculture, ces deux pratiques agricoles se développent aujourd’hui, mais il est parfois compliqué de s’y retrouver et de savoir faire la différence.

Quelles sont les pratiques de l’agroécologie ?

L’agroécologie allie l'agriculture et la ''protection-régénération'' de l'environnement naturel, ce qui permet de maintenir les sols en bonne santé et de garantir une culture durable. Dans la lutte contre les nuisibles (végétaux ou animaux) les produits phytosanitaires sont remplacés par des éléments naturels comme les insectes auxiliaires. L’exemple le plus connu de ce système est celui des coccinelles  – et de leurs larves, 10 fois plus voraces – contre les pucerons, mais il y a aussi les carabes, qui dévorent les larves du balanin s’attaquant aux noisettes et même les chenilles du carpocapse sur les pommes et poires.

Les végétaux peuvent également jouer un rôle d’assistant du jardin. Certains aliments comestibles (ail, oignon, piment, ou encore gingembre) ont un effet biocide sur des agents pathogènes contre les végétaux adventices, communément appelés « mauvaises herbes », ou d’autres ravageurs du jardin. L’utilisation de pesticides naturels comme le désherbage à  l’eau chaude, au vinaigre blanc ou au bicarbonate de soude sont également des pratiques reconnues par l’agroécologie. Des « remèdes de grand-mère », qui n’ont plus à prouver leur utilité, mais qui, passés de mode et un peu plus contraignants, sont peu appréciés des grands producteurs.

Les bénéfices de l’agroécologie

Selon un rapport de l'ONU (Organisation des Nations Unis) de 2011, « L’agroécologie peut doubler la production alimentaire mondiale » tout en essayant de lutter contre le changement climatique et les problématiques environnementales. Parmi les études citées dans ce rapport, on peut relater celle de l’Université d’Essex au Royaume-Uni, qui a analysé 286 projets menés dans 57 pays en développement et couvrant une surface totale de 37 millions d'hectares. Résultats : les projets agroécologiques ont montré une augmentation moyenne des rendements de 80% dans les 57 pays, avec une augmentation moyenne de 116% pour tous les projets africains.

Les bénéfices de l’agroécologie sont multiples :

  • Lutte naturelle contre les nuisibles,
  • Stockage naturel de l’eau dans le sol,
  • Lutte contre l’érosion,
  • Amélioration de la fertilisation des sols et lutte contre son appauvrissement,
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre

L’agriculteur et penseur Pierre Rabhi, ainsi que de nombreux autres agriculteurs, sont partisans depuis bien longtemps de l’agroécologie car elle repose sur une éthique forte qui prône l’égalité et la diversité écologique et économique.

L’agroécologie est donc l’ensemble des techniques permettant un productivisme agricole et éthique corrélé à une performance environnementale.

La permaculture, une conception globale

La permaculture, quant à elle, n’est pas un système agricole à proprement parler. C'est un mode de conception qui consiste à englober tous les éléments d’un système les uns aux autres. Elle vise ainsi à recréer l’ensemble des interdépendances et la diversité qui existent au sein d’un écosystème, pour que chaque composante puisse jouer son rôle durablement tout en restant en bonne santé.

Ainsi la permaculture englobe l’agroécologie, la culture biologique, l’agroforesterie et d’autres systèmes agricoles durables.

Et l’Homme dans tout ça ?

La dimension sociale en permaculture fait intégralement partie du système, car l’Homme doit prendre conscience de son environnement, et donc de ses richesses, mais aussi de ses responsabilités. En effet, l’Homme fait entièrement partie de l’écosystème terrestre, et en est un maillon à part entière. Un équilibre doit donc être trouvé entre ressources et produits. Ainsi la permaculture c’est prendre de soin de la terre, car la terre implique la vie, et la vie implique la biodiversité et donc l’humain.

En conclusion, l’agroécologie étant très complète à beaucoup de niveaux, la réelle différence avec la permaculture réside dans une vision encore plus globale impliquant l’Homme dans celle-ci, ainsi que quelques pratiques divergentes telles que la méthode des secteurs, qui consiste à diviser des parcelles pour une utilisation raisonnée du sol en fonction des besoins et types de fruits et légumes (en agroécologie).

Quoi qu’il en soit, ces pratiques doivent se développer pour assurer une alimentation saine au plus grand nombre de personnes tout en respectant l’environnement pour une pérennité globale.

L.L. - Consultante Biodiversité

Sources : Actu-environnement / Prise de terre / Rustica

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