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Fondation Melipona Maya

Fondation Melipona Maya

Des débuts à aujourd’hui 15 octobre 2018
En 2010, Stéphane Palmieri démarre son travail de structuration d’une organisation visant à réintroduire l’abeille mélipone au Mexique en collaboration avec les communautés mayas. En 2013,  la Fundación Melipona Maya est inaugurée officiellement.

À l’époque, l’élevage de l’abeille mélipone avait complètement disparu de l’état du Quintana Roo. L’objectif était alors de travailler à la renaissance d’une pratique ancestrale maya : la méliponiculture et une augmentation de la population d’abeilles mélipones. Très rares, ces abeilles disparaissaient progressivement à l’état naturel.

Aujourd’hui, à 53 ans, Stéphane Palmieri a bien développé l’activité de la Fundación Melipona Maya grâce à son travail, mais également au partenariat avec ekodev et aux dons.

Actuellement, la fondation compte :

  • 120 producteurs répartis dans une trentaine de communautés mayas différentes. Les communautés vont de 300 à 2 000 habitants. Elles se situent dans l’état du Yucatán et du Quintana Roo.
  • 1400 colonies (depuis 2015 ils reproduisent les essaims et les distribuent aux communautés)

La Fundación Melipona Maya a mis en place un itinéraire technique solide et responsable de la pratique d’élevage des abeilles mélipones. Le travail avec les communautés mayas est organisé de la façon suivante :

  • La communauté s’engage à construire le rucher et à suivre la formation adaptée
  • La fondation s’engage à fournir les essaims et à délivrer cette formation

Les communautés mayas sont ainsi en complète autonomie. Elles gèrent leur rucher librement et en vivent confortablement. Aujourd’hui, 120 familles mayas sont autonomes et agrandissent leur patrimoine chaque année.

Avec les communautés mayas, une approche intégrale de la biodiversité est réalisée. Au-delà des abeilles mélipones, la Fondation met en place avec elles des jardins potagers et des forêts comestibles (en utilisant des semences natives), des poulaillers (races rustiques) pour la production d’œufs, tout en cultivant des plantes répondant aux besoins nutritionnels des poules. De plus, la fondation met en place un projet de pépinière afin de permettre la reproduction des plantes natives, locales et mellifères et des arbres fruitiers. L’abeille mélipone est beaucoup plus adaptée à la flore locale que l’abeille domestique Apis Mellifera. Si l’abeille mélipone venait à disparaître, cela entraînerait une diminution du taux de reproduction des fleurs et donc une baisse des rendements agricoles.

Des projets d’apiculture vont être mis en place avec l’abeille domestique Apis Mellifera afin de permettre une diversification des productions et donc des sources de revenus des Mayas. C’est aussi un moyen de sécuriser leur modèle économique, mais aussi de tenter d’améliorer les conditions d’élevage de l’abeille domestique Apis Mellifera pour plus de durabilité.  

La fondation s’est aussi associée avec un laboratoire de recherche afin de travailler sur l’aspect nutritionnel du miel des abeilles mélipones. Un monde encore peu connu du fait de la rareté et de la spécificité de ce miel. Pour rappel, une ruche d’abeilles mélipones produit chaque année 1 kilogramme de miel seulement du fait de la faible taille des colonies (3 000 à 5 000 abeilles).

Également, une école paysanne « Escuela de campo » va être prochainement instaurée, avec pour objectif d’enseigner, dans un contexte interculturel et intergénérationnel, les traditions agricoles grâce à un savoir agricole indigène renforcé par les nouvelles techniques d’agroécologie. L’enseignement s’inscrira dans une dynamique d’échange des pratiques entre les différentes communautés et générations. Cette école permettra la pérennisation de la culture maya, du travail en faveur de la biodiversité et de la productivité par l’instauration de pratiques durables. L’élevage des abeilles mélipones fera partie intégrante de la formation. Elle sera encadrée par la fondation et des ingénieurs en agroécologie. Le point fort de l’école se situe dans un enseignement au travers de la pratique, et non de la théorie. Inspiré de la philosophie maya « Tzikbaal » qui signifie « apprendre en faisant », la théorie va venir dans un second temps et uniquement si on en a besoin puisqu’elle sera disponible grâce à la pédagogie interculturelle et intergénérationnelle.

Aujourd’hui, grâce au travail de la fondation, les démarches de réintroduction de l’abeille mélipone et de renaissance de la méliponiculture laissent entrevoir un avenir prometteur associé à un réel dynamisme. En effet, les universitaires s’intéressent au sujet et une dynamique politique est lancée. Entre autres, 25 personnes sont formées aujourd’hui pour accompagner les producteurs et pour partager les pratiques à encore plus grande échelle.

Une question subsiste pour l’avenir, quelle structuration de filière si la production augmente ? Comment va-t-on vendre la production ? La fondation se penche actuellement sur le sujet.

Pauline Herrmann - Consultante Biodiversité

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